Mercredi, 22 Août 2012 21:28

[Entrevue] Black Cobra aux Foufounes Electriques, Montréal 22/06/2012

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C'est avec beaucoup d'enthousiasme que je me suis présenté aux Foufounes Électriques dans le but d'assister à la prestation de Black Cobra. Comme il s'agissait de leur tout premier passage dans la ville de Montréal, mes attentes étaient très hautes. Black Cobra est un groupe de la région de San Francisco qui réussit à me faire hocher la tête agressivement, et ce très facilement avec leur mur de sons écrasant qui décape. Étant un grand admirateur de leur travail, j'étais un peu stressé à l'idée de réaliser une entrevue. Tel un bon scout, j'étais prêt avec mes questions et mon appareil photo. Cependant, l'entretien n'a pas eu lieu comme prévu, car le groupe a été retenu aux douanes canadiennes et s'est présenté à la salle de spectacle de justesse pour le spectacle qui commençait très tôt. Toutefois déterminé à accomplir l'entretien malgré les imprévus, j'approche Jason Landrian et lui propose de réaliser l'entrevue en fin de soirée. C'est ainsi que je me suis retrouvé avec Black Cobra dans la fameuse ruelle sombre adjacente aux Foufounes Électriques…

Vous êtes actuellement en tournée pour l'album Invernal, qui déchire au passage, et on sent qu'il y a une certaine « hype » autour de Black Cobra. Dernièrement vous avez tourné avec des gros noms de la scène, j'imagine que cela doit vous permettre de vous faire connaître auprès de ceux qui n'avaient jamais entendu parler de vous. Quelles sont les réactions de ces foules qui ne vous connaissaient pas?

Ça a été très positif ! Beaucoup nous ont dit « J'ai écouté l'album et je ne savais pas que vous n'étiez que deux, et c'est cool ». Des personnes qui ne savaient même pas qu'on existait ont vraiment été retournées par le concert. Il y a eu une très bonne réception depuis les tournées avec Kyuss et Corrosion of Conformity, celle en Australie qu'on vient de faire avec Fu Manchu et cette tournée-là, aux États-Unis et au Canada avec Corrosion of Conformity. Tout s'est vraiment, vraiment bien passé.

Les gens doivent être surpris de voir que vous n'êtes que deux, est-ce qu'ils focalisent toujours là-dessus?

Souvent, du moins surtout pour les nouveaux publics et à cause du style de musique que nous faisons. C'est vraiment très lourd et un peu complexe. Je pense que les gens sont étonnés lorsqu'ils constatent qu'on n'est que deux. Il y en a beaucoup qui viennent nous voir après qu'on ait joué et qui nous disent qu'ils nous ont entendu depuis l'extérieur ou depuis une autre pièce et que quand ils sont entrés ils n'arrivaient pas à croire qu'on n'était que deux. À travers nos albums et tout ce qu'on fait on essaye de dépasser ça, parce qu'on ne veut pas se définir uniquement par le fait qu'on ne soit qu'un duo. On veut mettre l'accent sur le fait qu'on est un groupe et qu'on fait de la musique. Black Cobra c'est un tout, pas deux gars ensemble. C'est pour ça que nos noms n'apparaissent pas sur les albums. On ne veut pas que les gens aient des préjugés en voyant qu'on est deux parce que cela va peut-être influencer leur appréciation de la musique. Dans l'ensemble les réactions sont positives, bon, il y a toujours un ou deux puristes pour nous dire « Les gars, vous avez vraiment besoin d'un bassiste » et on répond « Mec, tu comprends rien, si t'embarques tant mieux, mais si tu penses qu'il nous faut un bassiste alors on n'est pas le bon groupe pour toi. Tout le monde y va de son avis mais ce n'est pas à ça que ressemble notre groupe. Il y a plein de groupes avec des bassistes, libre à toi d'aller les écouter ». On n'a rien contre les bassistes, on en connait plein de géniaux qu'on admire : Rush, Motörhead, Iron Maiden, Metallica et bien sûr Cliff Burton… On n'a vraiment rien contre les bassistes, c'est juste qu'on s'est retrouvé à jouer comme ça.

Vos amplis basse sont remplis d'effets fuzz.

Tout à fait. On utilise un ampli de basse et on l'enregistre aussi. On n'a jamais eu recours à une basse sur aucun de nos albums, c'est toujours guitare/batterie, parce qu'on a toujours tenu à pouvoir tout refaire en live. On savait qu'un jour ou l'autre on partirait en tournée, bon au début on n'en était peut-être pas tout à fait sûrs, mais on n'a pas utilisé de basse parce qu'on ne peut pas tromper les gens. On veut paraître authentique, on compose pour une guitare et une batterie, on veut enregistrer la guitare et la batterie, et surtout on veut jouer en live avec la guitare et la batterie. Et les voix. On essaye de garder le tout aussi vrai que possible.

Êtes-vous satisfait par le niveau de réputation que vous avez atteint ? Vous préférez jouer dans des petits salles ou dans des plus grandes?

Étonnement j'aime les deux. Parfois c'est amusant de jouer dans des petites salles, et parfois c'est vraiment la merde. Parce que leur professionnalisme n'est pas le même, non pas qu'on se prenne pour des rock stars, mais quand tu joues dans des grandes salles tous les soirs, comme celles avec Kyuss qui étaient des théâtres, ou des petits théâtres pour 2000 personnes environ et le matériel est vraiment tip top, jamais tu dis « Y a moyen que j'entende ce que Raf joue ? » ou « Je ne m'entends pas jouer » mais à l'inverse t'as tous ces trucs bizarres, comme les barrières et les gens sont à 5 mètres de toi… Jouer sur des grandes scènes est beaucoup plus plaisant à deux, je m'y sens plus à l'aise parce que j'ai plus de place pour bouger. Ce soir aux Foufounes Électriques, la scène était si petite que je n'avais pas de place pour bouger et en plus on était pressés par le temps, du coup on n'a pas eu le temps de faire des sounchecks. Mais cela reste intéressant d'essayer les deux. On a fait le Hellfest et joué devant 3000 personnes et avec Kyuss devant plusieurs milliers de personnes tous les soirs, et ce soir la tête d'affiche a joué devant quelques centaines de personnes à peine. Je me sens assez à l'aise quelle que soit la scène, mais tout de même un peu plus sur les grandes. Parce qu'il y a plus d'espace et il y a des techniciens et des ingés son.

Ça vous est déjà arrivé d'avoir l'impression que la scène était trop grande juste pour vous deux?

Parfois, c'est surtout arrivé en conditions de festival, la batterie était surélevée et placée juste derrière moi, et là effectivement ça paraissait grand. J'ai l'habitude d'avoir Raf à côté de moi. C'est juste qu'il est 50% du groupe, et l'avoir derrière moi ça craint pour lui, et pour nous. On peut sans problème jouer sans nous regarder, mais si la moitié du groupe est cachée derrière moi, c'est bizarre. On a joué au Scion Fest comme ça et j'avais cette scène géante pour moi tout seul et c'était assez étrange. Je suis plus à l'aise quand on est côte à côte.

On imagine facilement que parcourir le monde lorsqu'on est un duo est beaucoup plus simple…

Oui carrément. Tu apprécies lorsque tu dois prendre l'avion, parce que c'est beaucoup moins cher que pour 4 ou 5 personnes. Et c'est aussi beaucoup moins compliqué, je prends ma guitare, mes pédales, Raf prend sa caisse claire, sa pédale et ses cymbales. C'est assez minimaliste. Ça simplifie beaucoup de choses.

J'ai lu dans une interview que tu as donnée que vous aimeriez jouer avec le groupe québécois Voivod, vous avez eu l'occasion de les croiser au Roadburn ?

Malheureusement non. À la base on n'avait que le concert du Roadburn de planifié et on devait juste arriver et jouer au Roadburn. Notre plan c'était d'être là pendant tout le week-end du Roadburn et de voir Voivod jouer. Ils ont fait deux concerts ce week-end là où ils ont joué Dimension Hatröss et tout. Et juste après, on nous a proposé d'accompagner Corrosion of Conformity et Zoroaster sur leur tournée en Europe, et on a accepté et du coup on s'est retrouvé en tournée. On était avec Corrosion of Conformity juste avant le Roadburn. C'était génial parce qu'on tournait avec eux et Zoroaster, mais une partie de moi désirait vraiment voir Voivod. Mais on a réussi à voir Michel "Away" par la suite et on a pris des photos qu'on a mises sur Facebook. On est tous les deux de grands fans.

Invernal raconte les mésaventures d'une expédition en Antarctique et les thèmes de Chronomega sont liés à l'existentialisme. Pour ce que je peux voir, vous êtes des gars intelligents, pas énervés du tout. Assez normaux en fait. Qu'est-ce qui vous pousse à jouer de la musique agressive ?

C'est quelque chose qu'on a toujours aimé. Tout a commencé avec des groupes de métal comme Metallica, Black Sabbath etc… J'imagine que c'est principalement eux qui nous ont amené à faire de la musique. Hors de la scène je suis quelqu'un de plutôt calme, mais je déteste beaucoup de trucs ! Vraiment, je déteste beaucoup de choses. Dans ma vie quotidienne je rencontre plein de gens et je suis cordial mais il y a tellement de choses qui vont mal dans le monde, et c'est de là que tout vient. Il faut évacuer…. un genre de catharsis. C'est là qu'on intervient, avec notre musique, on espère que ce sera une catharsis, pour tout le monde, pas juste pour nous. Il y a tellement de choses qui craignent, mais il y a aussi tout plein de bonnes choses ! Il faut se modérer ! Si tu vis juste dans la négativité ça va vraiment être la merde donc…. il faut une catharsis. Pour évacuer tout ça et vivre le reste de ta vie comme un être humain normal.

On voit à travers votre musique que vous avez de grandes compétences, c'est naturel pour vous ou est-ce que vous essayez de pousser les limites du sludge metal?

On a toujours essayé de se surpasser, d'aller au-delà des étiquettes sludge metal ou stoner metal ou doom etc… On n'a jamais essayé d'entrer dans ces boîtes, c'est juste ce qu'on a créé lorsqu'on a commencé à écrire notre premier album, on s'assoit et on commence à écrire « ça c'est les riffs », « ça, les beats, et ça c'est les voix qu'on veut ». Et ça répond pas mal au sous-genre comme le sludge ou le doom ou autre. Donc ouais on essaye toujours de nous dépasser, de repousser les limites de ce qui peut être considéré sludge ou autre. Beaucoup disent qu'on est un groupe de sludge ou doom, mais on joue rapidement, beaucoup de nos morceaux sont rapides ce qui est à l'extrême opposé du doom ou du sludge, qui ont une lourdeur lente et écrasante.

 

On entend souvent parler de « Thinking man's métal » (« le metal réfléchi »), voyez-vous la musique heavy comme une forme d'art, et pensez-vous que votre travail est un travail de recherche?

C'est cool d'être considéré de la sorte, mais on pense, on lit, on réfléchit à plein de trucs comme l'expédition de Shackleton, les sujets à propos desquels nous écrivons nous intéressent, que ça veuille dire ou non qu'on réfléchit plus que les autres je ne sais pas, mais c'est cool d'être perçu de la sorte. Je pense qu'effectivement on considère la musique comme une forme d'art parce qu'au final ça l'est, c'est une libération, un moyen d'expression, c'est beaucoup plus que de juste marteler des instruments de musique. On a toujours essayé de susciter des émotions, des sentiments… Donc oui c'est une forme d'art. Le metal a cette image qui lui colle à la peau de musique néandertalienne faite par des gars qui se tapent la poitrine. On ne rentre pas dans ce moule, en tant que groupe ou même individuellement. Nous ne sommes pas ces gars-là.

Vous avez tous les deux joué dans d'autres groupes, notamment Cavity et Acid King. Est-ce que vous pensez qu'un jour vous pourriez vous sentir limité par le fait que vous êtes un duo, et progressivement en avoir assez de votre son?

Je pense que quand ce jour où on en aura marre de ce son arrivera, on fera tout pour surmonter le problème. Parce que c'est un défi, je ne dirais pas que ça nous limite, mais c'est tout un défi de n'avoir que deux instruments, voire trois parce qu'on considère le chant comme un troisième instrument. C'est pour ça d'ailleurs que souvent les paroles sont incompréhensibles, on utilise le chant comme un outil de rythmique. Donc ce jour peut arriver mais on essaye toujours de nous surpasser pour ne pas nous limiter. Pas de nous surpasser, je préfère l'expression « relever le défi ». Déjà pour Bestial, notre premier album sorti en 2006, on écrivait et on jouait les morceaux et on se demandait vraiment comment on allait pouvoir jouer ça en live. Et on a fait en sorte de pouvoir le faire, en pratiquant, pratiquant et pratiquant. Et ça a été comme ça pour tous les albums. À l'issue d'Infernal, Raf s'est retrouvé à jouer des beats qu'il n'avait jamais joué, pareil pour moi, on jouait des solos qu'on avait jamais joué, j'ai même dû sampler des guitares lead pour que Raf joue dessus. Juste qu'à maintenant on a réussi à nous surpasser et on espère ne jamais nous sentir limité parce qu'on n'est que deux. On essaye de voir ça plus comme un moteur que comme un obstacle.
 

Les critiques sont très bonnes en ce qui concerne votre travail avec Kurt Ballou. Est-ce que vous travaillerez encore avec lui ou est-ce que vous préfèrerez chercher quelqu'un d'autre, juste histoire de changer?

On est toujours ouverts à la nouveauté mais question de ça on aimerait vraiment retravailler avec Kurt. Je suis tellement satisfait du résultat avec Invernal. J'aime tous nos albums, mais je pense qu'avec Invernal il a vraiment mis le doigt sur ce qu'on voulait. Il a beaucoup de talent, non seulement en tant que guitariste, notamment dans Converge, mais également en tant qu'ingé. Ses oreilles sont incroyables, il entend tout ! Souvent lors de l'enregistrement il disait « non, fais ça très rapidement » genre « là vous étiez à côté ». Quand tu es musicien et que c'est toi qui écris les morceaux et les joues, tu as du mal à avoir du recul. C'est rassurant d'avoir une troisième personne avec un tel talent. Il a vraiment été d'un grand secours. On aimerait beaucoup travaillé avec lui à l'avenir, il est incroyable. 

Vous avez ouvertement avoué être de grands fans de science fiction et d'horreur, qu'est-ce qui vous plait en ce moment qui pourrait nous donner des idées de vos influences pour votre prochain album ?

On était très concentré sur la tournée mais on est de grands fans de Vincent Price et de Roger Corman, ça a toujours été une de nos influences. Il y a aussi des réalisateurs comme Ridley Scott, et Prometheus que je n'ai pas encore vu mais j'ai hâte. C'est marrant mais The Thing de John Carpenter compte parmi les influences d'Invernal, juste à cause de l'ambiance, et de la sensation d'isolement. C'est incroyable. Ce n'est pas tant l'aspect horreur de ces oeuvres qui nous interpelle, mais plutôt le ressenti, l'ambiance. Cela soulève tellement d'émotions. Il existe tout un tas de genres de films qui provoquent des émotions négatives, je pense sincèrement que ces films-là sont beaucoup plus forts que ceux qui suscitent des émotions positives, du moins s'ils sont bien faits. Tu peux regarder Massacre à la tronçonneuse et te sentir oppressé. Toi tu ne risques rien mais merde tu t'investis, tu es là et ça réveille des émotions chez toi, c'est ça qu'on aime dans ces films. C'est ce qu'on cherche à faire avec la musique, susciter des émotions chez les gens.

Et vous y parvenez plutôt bien, merci et continuez comme ça !


Black Cobra

Black Cobra

Black Cobra

 

It is with great enthusiasm that I showed up at Foufounes Electriques in order to see Black Cobra. As it was their first passage through the city of Montreal, my expectations were very high. Black Cobra is a band from the San Francisco area that manages easily to make me head bang aggressively with their overwhelming wall of crushing sounds. I was a little stressed to do the interview since I’m a fan of their work. Like a good boy scout, I was ready with my questions and my camera. However, the interview did not take place as expected because the band was delayed at the Canadian Customs and barely got to the venue in time for the show, which began very early. However, I was determined to make the interview happen despite the unexpected delay. And so I approached Jason Landrian and offered him to conduct the interview after the show. That’s how I found myself with Black Cobra in the famous dark alley next to the Foufounes Electriques ...


You’re currently on the road supporting your album Invernal, which slays by the way; I sense there’s a big hype around Black Cobra. You’ve been touring with some big names lately; it must help getting noticed by people who does not know you. What are the usual reactions from the crowds who have never heard Black Cobra?

It's been really positive. We get a lot of people going: “oh I heard the record and I didn't know it was two people" which is cool. Also some people who had no idea we even existed were turned on by our set. It has been a really good response between the Kyuss tour and Corrosion of Conformity (C.o.C). We just did an Australian tour with Fu Manchu and then this tour in the States and Canada again with C.oC. The whole thing has been great.

People must be surprise to see only two guys on stage; do they always focus on the fact that you're two?

A lot of times, especially from new audiences and especially playing the kind of music we do. Our music’s really heavy, it's real bottom end heavy and I guess it's a little bit intricate. I think people are thrown off by the fact that it's only 2 people. A lot of people come up to us after we’re done playing and tell us they heard us from outside or from another room and when they walked in and saw there was only 2 people playing, they couldn't believe it. With our records and stuff we're always trying to go for that and we don't want to focus on the fact that we were a 2-piece. We want to focus on the fact that we are a band and we're playing music. I like to think of Black Cobra as a sort of entity, instead of just 2 guys. Our names are missing on any of our records, precisely for that matter because we didn't want to be prejudged as a two-piece so people could prejudge what they'll hear. It's cool, people's reaction is mostly positive, there is always those one or two traditionalists going: “oh you guys need a bass player” and we're just like: “dude, you don't get it". If you're on board with us then, awesome, if you think we need a bass player then, we're just not the band for you. Everyone has their opinions, we're just not that band, there are plenty other bands with bass players and you're free to go and listen to them. We have nothing against bass players. We've known many awesome bass players. There are a lot of bass players we love: Rush, Motörhead, Iron Maiden, and Metallica of course with Cliff Burton… Black Cobra has nothing against bass players, it's just what we ended doing.

You do incorporate fuzz sounds in the music from the bass amp you use.

Right. I’m using a bass amp live and in recordings as well. We've never used a bass guitar on any of our records; it's always guitar and drums. We always wanted to be able to simulate everything live because we knew we were going to start touring at some point. At the beginning we weren't quite sure we were going to tour and everything, but we'd still never put bass on our records, you cannot cheat on people. We want to be as genuine as possible. We wrote it with guitar and drums, we want to record it with guitar and drums, and we want to play live with guitar and drums… and vocals. We try to keep it as pure as possible.

Are you satisfied with your level of fame? Would you rather keep the venues small or do you like playing bigger venues?

It's strange I like both. Sometimes it's really fun to play in the small venues, and sometimes it's kind of a bummer to play in small venues because they don't deliver, their professionalism is a little bit lower. Not to say that we are some big rock star band, but when you play in big venues like the ones with Kyuss every night, theaters, smaller theaters, 2000 capacity venue or so, you get used to monitor systems that are top notch. There's never a question of: “oh can I hear what Raf (Rafael Martinez) is doing?” or “can I hear myself?” But then you have weird things like barricades; people are like 20 feet away from you. It's kind of strange you know. Playing on a big stage is weird as it is for only 2 people. I feel way more comfortable because I have more room to move around. Like tonight at the Foufounes Électriques, the stage was so small I felt like I had no room to move around. Also, we were so pressed with time and we didn't get a sound check. At this point we've done the Hell Fest where we played in front of 3 000 people and Kyuss, playing in front of a couple of thousands of people every night to tonight or our own headline shows, in front of a couple hundred or less. I definitely feel comfortable on both aspects but playing the big stages is a little more... comfortable. Because I have more room and they have guys running the monitors and all that shit for you. It's interesting doing both.

On bigger tours and shows, do you ever feel like the stage is too big for just the two of you?

There have been some times where, it's been like a festival situation, and the drums are on a riser behind me, that's when it feels to big for us. I'm used to have Raf right next to me. I mean, he's 50% of the band. Having him in the back, it's kind of sucks for him and for us. We can play the songs without having to look at each other, but having 50% of the band, basically behind me, is sort of odd. We played the Scion Fest like that. I had this entire gigantic stage for one person and that felt weird. When I have Raf on the stage next to me, it definitely feels comfortable. I'm not averse to that. The small stages are fine too; it goes either way pretty good.

Traveling around the world as a band should be simpler with only the two of you…

Yeah for the most part, I mean it's cool when you have to fly anywhere, it's a lot cheaper than for 4 or 5 people. And it is a lot less complicated. I bring my guitar, my pedals and Raf brings his snare and his kick drum pedals or cymbals, it's minimal. It does make it a lot simpler.

I’ve read in a prior interview that you would of liked to play with Quebec’s own Voivod, did you have a chance to catch them at this year’s Roadburn?

Unfortunately no. Originally we only had the Roadburn show booked and we were going to fly in and just do the Roadburn. Our plan was to go the whole Roadburn weekend and see Voivod, play Dimension Hatröss and everything. After we booked that show, this C.o.C. tour in Europe came up with Zoroaster, because of that we ended up touring. We were with C.o.C. on the days prior to the Roadburn date. We played the last day of the Roadburn. There was a part of me that was so broken because I wanted to see Voivod so bad, but we did get to meet Michel "Away" afterwards and we got pictures posted on our Facebook. We're both big fans of Voivod.

Invernal was based of misadventures of an Antarctica expedition and the themes of Chronomega are related with existentialism, from what I can tell you look like smart guys, and totally not angry, regular dudes. What gives you the drive to play aggressive music?

Oh man, that's something we have always loved, both of us, always getting deeper in the music. The first thing that drew us in this was metal bands like Metallica, Black Sabbath and whatever. That was sort of the initial reasons that we started playing music. I'm a pretty calm guy off the stage and everything but I hate a lot of shit man! I really do! I really fucking hate a lot of things. In my everyday life I meet people and I'm cordial, but there’s so many things wrong with the world, and that's where all that shit comes from. There needs to be some kind of release... some sort of catharsis for that. That's where we come in with the music, hoping it's a catharsis for all the people too and not just us. There are so many things that sucks, but there are a lot of cool things too! You got to balance it all! If you live your life in just negativity, it's going to be shitty but... that's why you got to have a catharsis. To get the shit out and live the rest of your life like a normal human being.

It shows trough your music that you know what you’re doing by displaying great skills, does it come natural to you, or do you really try to push the "sludge metal" sound boundaries to another level? 

We've always tried to push ourselves for sure, as far as labels like “sludge/metal” or “stoner metal”, “doom” etc. go, we never tried to fit ourselves in there. It's kind of what just came out when we started writing, even from the first EP. We just sat down and started writing, these are riffs that came out, these are the beats that came out and these are the vocals that we wanted to put with it. And it fit nicely within a subgenre like sludge and doom and all that stuff. Yeah we're always trying to push ourselves, to push the boundaries of what can be considered sludge or whatever. In my opinion when people say we are a sludge or a doom band, I say to them: "well, we play very fast!" A lot of our songs are fast which is kind of the opposite end of the spectrum for a lot of doom and sludge, which has very slow and crushing heaviness. I love tons of sludge and doom bands, but we always want to kind of push ourselves and in the same way push what can be considered as part of that genre. We're just trying to expand as much as we can and we're always open to new ideas. Yeah, we try to expand.

We hear the "thinking man's metal" term from time to time, do you see heavy music as an art form, and could you consider your work as a research?

It's nice to be considered a “thinking man's metal”… we do think, we do read. We do think about a lot of things, like the Shackleton journeys. The topics we write about are things that are just interesting to us, whether or not that means we're more thoughtful than other people I don't know. I think we do view the music as an art form because at the end of the day it is! It’s a release, it's an expression and it’s more than just hammering out a bunch of shit on loud instruments. We're always trying to convey emotions, feelings and expressions... So yeah, we do view it as an art form and it's nice to be thought of that way, I guess. Metal always has this kind of stigma over; people consider it like Neanderthal fucking music where it’s just a bunch of dudes beating their chests. We don't necessarily fit that mould, our band or individually, we're not these kind of dudes.

Both of you guys played in bands before, notably Cavity and Acid King. Do you think you could one day feel limited by just having a guitar and a drum in Black Cobra and grow tired of your own sound?

I think that when that day comes, when we start to grow tired of this sound, we're going to try and push it as much as we can, because yes it's a challenge. I wouldn't say it's limiting, but it is a challenge having only two instruments, or three if you consider the vocals to work with. We always thought of the voice as third instrument, that's why a lot of the lyrics are unintelligible; we've used it more like a rhythmic tool. Even back on the 1st album (Bestial, 2006) we were writing that record and practicing the songs and it was hard for us to play. We were like: “how are we going to play this live?!” and we just made ourselves do it, practice, practice, practice. Every album's been like that. I remember finishing Feather and Stone and also being like: “Fuck how are we going to play this live?!” We just had to do it and even up to Invernal, Raf was playing beats he had never played, I was playing parts I never played before, we had solos which we never had before, with backup tracks I had to sample in a live situation and he had to play along to. In that way, we had to push ourselves. We've had to say: "Fuck it, lets just do it" and try to pull it off. Luckily, we've been able to so far and will hopefully not feel limited by the fact that it's only two of us, and see it more like a challenge and less like a hindrance.

You’ve been receiving a lot of positive reviews for your work with Kurt Ballou. Would you work with him again or would you prefer trying someone else for the sake of diversity?

We're always open to diversity but at this point, I'd really love to work with Kurt again. I'm so satisfied with the way Invernal came out. I love the way all our albums sound but with Invernal, I think he really kind of nailed what we're trying to go for and what we wanted the sound like. He is so talented, not only as a guitarist in Converge, but as an engineer his ears are so amazing. He keeps picking things out. There were so many times, when we were recording, when he said: “no, do that again very quick” or "you guys were a little off here". Being the musician that wrote the music and is playing it, you're so close to it, that it's hard to separate yourself from it. Having a third party in there with such a good ear, as Kurt does, is such a relief, it's such help. I think it's potentially what we'd like to do in the future, keep working with Kurt he's amazing.

Finally, You openly say that you’re fans of sci-fi and horror, what have you been into lately that might shape up ideas for your next album?

Lately, we've been concentrating on touring a lot, it's hard to keep up with that on the road. We're all huge fans of Vincent Price and the Roger Corman era. That's always going to be a big influence on us. Directors like Ridley Scott, with his latest movie Prometheus, which I still haven't seen but I'm anxious to see it. But it's funny because even John Carpenter's The Thing was an inspiration for Invernal. The setting and the isolation, it's amazing. It's not so much the horrific aspect of those things we like to draw from, but it's just the feel or the vibe, the atmosphere. It evokes so many emotions when it's done well. John Carpenter, Lucio Fulci, Dario Argento… They can really pull those emotions out of you. There are so many different kinds of movies that are evoking negative emotions and I feel those are so much stronger than those with happy emotions. You can see a movie like Texas Chainsaw Massacre and feel like you're on the edge of your seat. It has nothing to do with you, but fuck man! You're invested in it. You are there and it is pulling these emotions from you, that's what we like. We try to evoke that somehow with our music, pull emotions out of people.

And you achieve it pretty well, thank you and keep on givin'er!

Lu 1149 fois Dernière modification le Samedi, 25 Août 2012 14:52
François-Carl Duguay

Photographe argentique + (Auto)-éditeur + amateur de bon café

Site internet : www.laligneaharde.com/

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